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vendredi 7 mars 2008

L'OCDE sonne l'alarme

Une info. vraiment décisive mais qui ne met pas encore l'accent sur l'urgence d'une décroissance sélective. J-P D.

L'OCDE sonne l'alarme sur l'état de la planète à l'horizon 2030

Urgence ! Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), Angel Gurria, a, à son tour, mercredi 5 mars, tiré la sonnette d'alarme en appelant la communauté internationale à prendre de véritables mesures pour lutter contre le réchauffement climatique et la dégradation généralisée des ressources planétaires.


Perspectives de l'environnement à l'horizon 2030, un pavé de plus de 500 pages, examine dans le détail les effets combinés de la démographie mondiale et de la croissance économique sur l'état de la planète. Et ce à une échéance beaucoup plus proche que ne s'y était, par exemple, essayé l'économiste britannique Nicolas Stern en 2006, dans le premier travail ayant fait date sur le sujet.

"Je vous préviens, si nous ne faisons rien, le tableau de notre planète en 2030 ne sera pas agréable à regarder", a averti M. Gurria.

En 2030, la population de la Terre atteindra 8,2 milliards de personnes contre 6,5 milliards aujourd'hui. Si l'économie mondiale continue de croître à un rythme comparable à celui de ces dernières années, sa taille aura doublé en trente ans. La demande de matières premières (produits agricoles, minerais, énergie fossile, bois, eau) progressera de 60 % dans les pays industrialisés mais de 160 % chez les nouveaux grands acteurs de la scène internationale – Brésil, Russie, Inde, Chine.

Au prix de quels déséquilibres ? L'OCDE a identifié quatre domaines dans lesquels il est urgent d'agir : le changement climatique, la perte de la biodiversité, le manque d'eau et l'impact sur la santé humaine de la pollution. Les deux derniers ont, jusqu'à présent, été les moins médiatisés.

Les chiffres livrés par l'organisation décrivent l'ampleur des enjeux : le nombre de personnes vivant dans des régions touchées par un fort stress hydrique devrait augmenter d'un milliard et concerner ainsi près de la moitié de l'humanité. La pollution de l'air aura des effets croissants sur la santé avec une explosion du nombre de décès prématurés liés à l'ozone troposphérique (dans la basse atmosphère) et aux particules. L'Asie serait la première touchée.

Il existe tout de même une bonne nouvelle : pour l'OCDE, ce constat accablant est cependant loin d'être insurmontable. Le rapport évalue à 1 % de la richesse mondiale en 2030 le montant qu'il faudrait consacrer pour relâcher sensiblement la pression sur la planète et trouver un mode de développement plus soutenable. "Je ne dis pas que cela est bon marché ou facile, mais c'est à notre portée, surtout si on compare cet effort aux conséquences et aux coûts de l'inaction", a affirmé Angel Gurria.

Afin de lutter contre le changement climatique, le secrétaire général de l'OCDE juge nécessaire l'introduction d'une taxe carbone. Ce qui à ce jour est loin de faire consensus. "L'ennemi est connu. Il s'appelle carbone. Nous devons combattre cet ennemi en lui imposant un prix élevé", a-t-il expliqué.

Ce n'est pas la seule suggestion qui risque de prendre à rebrousse-poil les pays industrialisés comme les pays en développement. L'OCDE défend ainsi la suppression des subventions aux énergies fossiles et se montre tout aussi prudente à l'égard des soutiens accordés aux agrocarburants, dont le bilan environnemental est aujourd'hui de plus en plus mis en cause.

La fiscalité ne devrait plus être incitative – récompenser les bons comportements – mais punitive, en taxant les activités qui polluent ou exploitent sans modération les réserves planétaires.

Pour l'OCDE, c'est à cette condition qu'il sera financièrement possible d'organiser le sauvetage de la planète, d'investir dans la recherche technologique et d'évoluer vers une économie "verte". Reste une question sans réponse, et sur laquelle achoppent les négociations internationales : qui paiera la facture ?

L’organisation internationale estime que réduire d’un tiers les émissions des principaux polluants d’ici à 2030 ne coûterait qu’1 à 2 points de croissance au PIB mondial. Encore faut-il le vouloir!

Sources : Le Monde du 7 mars 2008, article de Laurence Caramel.
www.oecd.org/environnement/perspectives2030

lundi 3 mars 2008

La Francilienne : prolongée ou achevée?

La Francilienne (en vert), A86 (en rouge) et le Périphérique (en jaune).

Un schéma simple.
Le périphérique est bouclé.
L'A86 rencontre encore des dificultés à l'Ouest.
L'autoroute A104, appelée Francilienne est une succession de voies rapides entourant Paris à une distance de 30 à 40 km.
Non seulement elle n'est faite qu'aux 3/5 mais elle est constituées de tronçons parfois mal reliés entre eux, notamment à la hauteur de Roissy.
On peut, avec entêtement "rajouter des bouts"! Il est trop tard pour la boucler.

36 mégalopoles en 2015 ?

Il y a deux façons d'échapper au catastrophisme. La première, c'est la politique de l'autruche : on n'a peur de rien parce qu'on ne sait rien. La seconde : c'est la conscientisation du monde entier, seule à même de faire plier les égoïsmes géants qui mettent la planète en coupe réglée. L'écologie politique choisit ce réalisme utopiste. J-P D.

On peut désigner sous le terme de mégalopole toute ville dont la population s'élève à plus de 8 millions d'habitants. Selon cette définition, choisie par l'UNESCO, on en dénombrait 23 en 1995 et elles seraient 36 en 2015. D'ici cette date, toujours selon l’Unesco, leur nombre ne variera pas dans les pays industrialisés. Il passera en revanche de 17 à 30 dans les régions moins développées.


Aujourd’hui la moitié des Terriens vivent dans des mégalopoles et, d’ici 2050, ils seront les deux tiers de la population mondiale. Tel est le bilan alarmant dressé par les spécialistes de l’urbanisation sur l’expansion des villes géantes, lors du forum urbain mondial organisé par l’ONU-Habitat, qui s’est récemment tenu à Barcelone.

Pour le géographe Olivier Dollfus, ces mégalopoles sont de deux types bien différents selon qu'elles appartiennent ou non à ce qu'il nomme l'AMM (Archipel Mégalopolitain Mondial), un ensemble de grandes villes qui contribuent à la direction du monde et sont un symbole fort de la mondialisation. Les mégalopoles ne sont plus alors uniquement décrites par leur nombre d'habitants mais par les fonctions qu'elles remplissent et leur influence sur le reste du monde. C'est ainsi par exemple que 90 % des opérations financières mondiales se traitent au sein d'un nombre limité de mégalopoles des pays développés.

Ce n'est pas un hasard si certains termes désignant des habitats précaires sont associés aux plus grandes métropoles des pays pauvres. Parmi les plus connus en France, on peut citer “favela“, venu du Brésil, ou encore “bidonville“, un mot apparu à Casablanca dans les années 20. On évalue entre 20 % et 30 % le pourcentage des logements créés dans les mégalopoles et qui appartiennent à la “construction informelle“ *.

C'est pour une bonne part dans ce type d’habitat que vivent les 2,5 milliards d'humains qui n'ont pas accès à un réseau d'épuration d'eau. Et l'impact des grandes concentrations urbaines sur la pollution des eaux peut en général se mesurer bien au-delà de leurs limites, notamment en aval des cours d'eaux qui les traversent.

Source : PlanèteMag de la Cité des Sciences et de l'Industrie.
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/magazine/article.php?id_article=1305&lang=fr&id_mag=3&id_dom=1

dimanche 2 mars 2008

Un milliard de piles et batteries dans les foyers français!

Nous sommes très loin de la disparition des piles polluantes. Au contraire, nous en utilisons de plus en plus! Tant que nous ne saurons employer, de façon pratique et quotidienne, l'énergie solaire inépuisable et renouvelable sans cesse, nous nous mettrons en danger. J-P D.


Selon le sondage IFOP/Batribox, réalisé début février, 87 % des sondés rapporteraient leurs piles et batteries usagées dans les points de collecte alors que, d’après les chiffres officiels, ces points ne récupèrent que 33,4 % de ce qui est mis en circulation.


Nous sommes peu conscients de l’omniprésence des piles et des batteries dans les nombreux appareils qui nous environnent (1). Ainsi, plus de 7 sondés sur 10 répondent instinctivement avoir moins de 15 piles ou batteries chez eux, or un questionnaire mis en place sur le site de Batribox montre que le résultat est plus vraisemblablement proche de 50 unités, pour un poids de 2 à 3 kg par foyer.

Il y aurait plus d'un milliard de piles et batteries dans les foyers, représentant un poids d'environ 50 000 tonnes… Un chiffrage qui paraît relativement cohérent face au milliard de piles et aux 81,2 millions de batteries-accumulateurs portables vendus en France chaque année.

Face à ces chiffres, et sachant que les accumulateurs et les piles déposés en décharge libèrent dans l'environnement de nombreuses substances toxiques (plomb, cadmium, lithium, mercure…), un effort d’information reste à faire. Un affichage, de la présence d'une pile ou d'un accumulateur, sur les appareils pourrait être un bon moyen de sensibiliser les utilisateurs, tandis qu'une meilleure visibilité des points de collecte ne serait pas inutile (voir les coordonnées des sites disponibles par code postal).

(1) - Voici une liste non exhaustive d’équipements comprenant des piles et/ou batteries :
alarme, appareil photo avec flash, appareil photo numérique, aspirateur mural, baby phone, baladeur MP3 et/ou CD, balance électronique, brosse à dent électrique, calculatrice, caméra, chaîne Hifi, clavier d’ordinateur sans fil, console de jeux, couteau électrique, épilateur, horloge, certains jeux et jouets, lampadaire, lampe torche, manette de jeux vidéo sans fil, microphone, montre, ordinateur portable ou non, organiseur personnel, perceuse sans fil, pèse-personne, radio, rasoir électrique, réveil, souris sans fil, taille haie sans fil, télécommande de garage, télécommande ouverture voiture, télécommande Hifi, télécommande TV, téléphone portable téléphone sans fil, tournevis électrique, etc.

Source : Alex Belvoit, Voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2987

samedi 1 mars 2008

Pour un pacte écologique mondial.





Dans Le Plan B, Lester R. Brown, fondateur et président du Worldwatch Institute, grand chantre de l'éco-économie, propose, à la manière de l'écologiste français Nicolas Hulot, un pacte écologique mondial.

Si Brown passe la première moitié de cet essai à dresser un bilan plus qu'inquiétant sur l'état de la planète, ce sont les pistes de solution qu'il propose qui intéresseront les lecteurs.

Le défi est de taille: "Nous devons faire face à l'épuisement des nappes phréatiques, à l'augmentation de la fréquence des vagues de chaleur détruisant les récoltes, à l'extinction des pêcheries, à l'expansion des déserts, à la détérioration des zones d'herbage, à la mort des récifs coralliens, à la fonte des glaciers, à l'élévation du niveau des mers, à la montée en puissance des ouragans, à la disparition des espèces et, bientôt, à l'amenuisement des ressources pétrolières." En bref, "le monde se trouve confronté à l'émergence d'une géopolitique de la pénurie", laquelle est une "manifestation d'une civilisation en dépassement/effondrement".

Loin de se laisser abattre, cet écologiste chevronné et, finalement, optimiste, considère que la crise actuelle constitue "la plus grande occasion d'investissement dans l'histoire". Pour lui, le marché mondial dispose des outils, des ressources scientifiques et du potentiel nécessaire pour transformer et restructurer l'économie globale. Les solutions existent: fixer les prix selon leur véritable coût écologique, taxer le carbone et rationaliser nos consommations d'énergie, développer l'éolien, multiplier les sources individuelles d'énergie renouvelable. "La seule chose en jeu est la capacité des gouvernements à stabiliser la population mondiale et à restructurer l'économie mondiale dans le temps qu'il nous reste".

Lester R. Brown, Le Plan B: Pour un pacte écologique mondial, Ed. Calmann-Lévy, 2007, 400 p.