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lundi 14 avril 2008

L'A65, symbole des luttes en cours contre les autoroutes.

Une partie de bras de fer, qui rappelle nos luttes contre l'A104, se joue actuellement en Aquitaine. On y observe l'étonnante convergence d'élus de différentes sensibilités politiques, d'Alain Juppé à François Bayrou, en passant par Alain Rousset, (tous favorables à la réalisation de l'autoroute!), et qui font, par ailleurs, assaut de discours écologiques! Quelques extraits d'un récent article du Monde, à ce sujet, démontrent que le Grenelle de l'environnement, pour ce qui est des transports, est au plus mal.


"À Escaudes, dans les Landes, en France, un pays qui s'est engagé à interrompre, en 2010, l'érosion de la biodiversité sur son sol et à diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, plus de 30 hectares ont été défrichés le long du parcours de ce qui est le plus grand chantier actuel d'autoroute en France : le projet A65, 150 km de Pau à Langon, en Gironde.


Une liaison essentielle pour la région aquitaine, disent les élus, majoritairement favorables. Un projet destructeur et inutile, affirment les opposants, de plus en plus entendus. Le président du conseil régional d'Aquitaine Alain Rousset a adressé début avril au ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, une lettre cosignée par Alain Juppé, François Bayrou, Henri Emmanuelli : les élus de la région demandent que le chantier ne prenne pas de retard. Cela influencera-t-il le Conseil d'État ? Celui-ci doit examiner, lundi 14 avril, le recours formé par dix associations régionales contre le décret d'utilité publique du projet, pris en décembre 2006.

L'A65 apparaît comme le symbole des luttes en cours contre les autoroutes, alors qu'après le Grenelle de l'environnement le ministre responsable de l'écologie et des équipements, Jean-Louis Borloo, avait affirmé : "C'est fini, on n'augmentera plus les capacités routières." La déclaration d'utilité publique de l'A65 a certes été signée avant le Grenelle. Mais le dossier n'en cristallise pas moins l'opposition aux nombreux projets disséminés aux quatre coins de la France.

Avec 10 950 km d'autoroutes, la France a déjà le réseau le plus important d'Europe.

L'A65 montre que la question des nouvelles autoroutes n'est plus seulement écologique, mais aussi économique. Hormis les élus locaux favorables à "leur" autoroute, on trouve peu de partisans déclarés de l'extension du réseau français".
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Le pôle de vigilance que constitue SÉSAME suit, avec attention, la politique autoroutière car, même si l'État se désengage, le lobbie du tout à la route a encore les moyens financiers et politiques de faire progresser sa cause. La réalisation de l'A104 est loin d'être abandonnée.

Extrait de l'article d'Hervé Kempf paru dans l'édition du Monde datée du 12.04.08

Ghislaine Thorion et Jean-Pierre Dacheux

samedi 12 avril 2008

L'écologie atomique à la française!




Il faudra bien choisir!

Ou bien le nucléaire remplacera les énergies fossiles (encore que l'uranium soit d'origine fossile!) ou bien les énergies renouvelables remplaceront, progressivement, l'énergie nucléaire.

Vouloir associer les centrales nucléaires avec les éoliennes, les hydroliennes, la biomasse et l'énergie solaire est un choix politique monstrueux que recommande pourtant "l'association des écologistes pour le nucléaire" ou AEPN
(1), à laquelle le Premier Ministre français ne devrait pas manquer d'adhérer!
Avec François Fillon, nous savons, en tout cas, à quoi nous en tenir : la France se porte en tête du peloton des pronucléaires
. L'information qui suit est, à cet égard, éclairante (2).

ROKKASHO (AFP) — Le Premier ministre français François Fillon a plaidé, au deuxième jour de sa visite au Japon, pour que les deux pays soutiennent ensemble, au G8, la cause du nucléaire civil, seule voie selon lui pour répondre aux besoins d'énergie des pays émergents.

La France et le Japon doivent être "les porte-parole au niveau mondial d'une utilisation raisonnée de l'énergie nucléaire", a-t-il lancé en visitant à Rokkasho (nord) un centre de retraitement inspiré de celui de La Hague (ouest de la France).

Le ministre de l'Economie japonais, Akira Amari, qui l'accompagnait, a affirmé que cette déclaration était "un message extrêmement important" sur les "défis difficiles" que sont l'énergie et le climat, les deux dossiers-phares du prochain sommet du G8, sur l'île japonaise de Hokkaido.

La réunion aura lieu du 7 au 9 juillet, et M. Fillon a "espéré" samedi que Paris et Tokyo sauront proposer d'ici là aux autres membres du G8 "une action commune" en faveur du nucléaire civil.

Dans une nouvelle déclaration écrite vendredi, ils affirment partager "la même vision du rôle prépondérant qu'aura l'énergie nucléaire pour la prospérité et le développement durable au XXIe siècle". Un thème que M. Fillon a développé samedi à Rokkasho, un site né d'une association entre Japan Nuclear Fuel et le français Areva.

Refuser aux pays émergents l'accès au nucléaire civil, a-t-il lancé à la presse, serait "une faute politique" provoquant "l'instabilité à terme du monde".

"Si on n'est pas capable de trouver, grâce à la science, le moyen d'apporter à ces habitants l'énergie dont ils ont besoin pour leur développement, alors nous nous préparons des jours extrêmement sombres", a-t-il encore prévenu.

La France a signé, ces derniers mois, des accords de coopération nucléaire civile avec l'Algérie, la Libye et les Emirats arabes unis. Ceux-ci sont vus comme une première étape avant l'étude de centrales nucléaires.

Areva a, pour sa part, conclu un accord avec Mitsubishi Heavy Industries pour développer un réacteur nucléaire adapté aux pays émergents.

Le chef du gouvernement français a également insisté au Japon sur l'intérêt du nucléaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

"Si l'on prend en compte la totalité des centrales nucléaires européennes, l'économie de rejet de CO2 dans l'atmosphère, c'est l'équivalent de la totalité du parc automobile européen", a-t-il encore souligné samedi.

Il est temps de ressaisir l'opinion et chaque parti politique sur cette orientation qui est incompatible avec l'écologie politique véritable. À quelques jours de l'anniversaire du drame de Tchernobyl (le 26 avril 1986), alors que sortir du Nucléaire atteint sa 10e année d'existence, la lutte anti-nucléaire est bel et bien relancée.

SÉSAME a décidé de réadhérer au réseau Sortir du Nucléaire.

(1) AEPN : http://www.ecolo.org (ou http://aepn.blogspot.com/). Il faut consulter ces site et blog pronucléaires bien faits et les comparer à celui de l'association Sortir du Nucléaire (www.sortirdunucleaire.org/) qui répond aux arguments des tenants du nucléaire comme moyen de lutter contre l'effet de serre, avec clarté et précision.

(2) Source AFP - http://afp.google.com/article/ALeqM5jiy6CMD3udD15fgayZHeGuzKhWNQ

Ghislaine Thorion et Jean-Pierre Dacheux

jeudi 10 avril 2008

Les députés entérinent le "délit de fauchage".


Les députés ont entériné le "délit de fauchage" de cultures OGM et la peine de deux ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende correspondante, prévue dans le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM).

L'Assemblée nationale a donc achevé ses travaux sur le projet de loi sur les OGM, dont l'examen, commencé le 1er avril, a été une course d'obstacles -suspension pour l'annonce du plan d'économies des dépenses publiques, passage de la flamme olympique, motion de censure...- et a nécessité deux jours supplémentaires de débats, avant le vote solennel mercredi.

L'article 4 du texte - qui fixe ces dispositifs, introduits en février par des sénateurs - a été adopté, en dépit de l'opposition de élus de gauche et au terme d'un vif débat dans l'hémicycle.

Il stipule que "le fait de détruire ou de dégrader une parcelle de culture" OGM est "puni de deux ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende". La peine est portée à "trois ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende" quand il s'agit d'une parcelle servant à la recherche.

L'article prévoit en outre une peine de six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende pour entraves au travail des agents chargés de contrôler "la coexistence" des cultures.

Un groupe de "faucheurs volontaires" du collectif anti-OGM, dont le leader altermondialiste José Bové, assistait au débat dans les tribunes du public.

Les députés de gauche, mais aussi l'UMP François Grosdidier, ont défendu en vain des amendements, qui visaient à supprimer ce délit spécial et replacer le fauchage OGM dans le droit commun, au titre de la "destruction du bien d'autrui", comme pour les cultures conventionnelles et biologiques.

Pour Yves Cochet (Verts), cet article veut punir "ceux qui sont entrés en résistance pour s'opposer à la fatalité irréversible des OGM". Citant les mots du mahatma Gandhi, il a conclu: "renoncer à la désobéissance civique c'est mettre la conscience en prison".

"Le 14 juillet 1789, quand nos ancêtres ont pris la Bastille, ils ne se sont pas demandés si c'était légal. Il y a quelque chose de plus fort que la légalité, il y a ce qui est juste, ce qui est légitime. Sur l'affaire du fauchage c'est bien là qu'on en est", a affirmé Jean-Pierre Brard (PCF).

A droite, Patrick Ollier (UMP) a présenté ces sanctions comme "une contrepartie de la transparence". "Lorsqu'on sait exactement où se trouvent les parcelles, il faut qu'il y ait une sanction de l'acte illégal de fauchage", a fait valoir le président de la commission des Affaires économiques.

Philippe Folliot (NC) s'est dit "choqué" par les propos de M. Brard, y voyant une "attaque sur le fondement même de la République".

L'échange le plus vif a opposé le "faucheur volontaire", Noël Mamère (Verts), à l'ancien ministre de l'Agriculture Christian Jacob (UMP). "Ces dispositions sont une espèce de folie idéologique. Les délinquants ne sont pas du côté que l'on croit", a affirmé l'élu Verts.

"M. Mamère, vous manquez de courage! Ayez l'honnêteté d'avouer que c'est votre propre amnistie que vous voulez obtenir. Vous êtes indigne, M. Mamère, indigne!", a lancé M. Jacob.

"Je ne peux pas accepter ces outrages. Je ne demanderai jamais d'amnistie en tant que législateur! C'est une provocation!", a répliqué M. Mamère.

Source : http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/ecologie/actu.asp?id=469620


Le faucheur a dit la vérité,
Il doit être exécuté.
(D'après la chanson de Guy Béart)

Jean-Pierre Dacheux et Ghislaine Thorion

mercredi 9 avril 2008

Le bras de fer sur les OGM gagné par l'UMP?




La loi sur les OGM a été votée par l'Assemblée nationale, aujourd'hui même, et renvoyée vers le Sénat, pour un nouvel examen du texte, le 16 avril. C'est la plus courte majorité enregistrée au cours d'un scrutin depuis le début de la mandature!


Une nouvelle violation de Grenelle de l'environnement est en cours. Les pro-OGM de l'UMP sont allés jusqu'à mettre en cause Nathalie Kosciusko-Morizet qui, désavouée par François Fillon, dénonce le "concours de lâcheté et d'inélégance" entre Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo dans le débat à l'Assemblée nationale. La crise s'est conclue par des excuses de la ministre qui n'ont convaincu personne.

Le "droit à produire et consommer sans OGM" s’éloigne de plus en plus au fil des débats parlementaires. L’Assemblée nationale a en effet emboîté le pas du Sénat, qui avait fixé le 8 février dernier un seuil de contamination autorisé à 0,9%. "Le sans OGM pourra contenir jusqu'à 0,9% d'OGM. Ce n'est donc pas sans OGM ! déplore Greenpeace. Ce seuil, qui est le seuil d' étiquettage européen, ne correspond à aucune nécessité juridique ou rationalité scientifique. Sans OGM, ça doit être véritablement sans OGM, c'est-à-dire moins que le seuil de détection (de 0,01 à 0,1%)". La question de la coexistence des cultures pose problème. Autoriser la coexistence revient à autoriser la contamination des cultures conventionnelles ou biologiques.

Deux amendements ont certes été adoptés pour protéger les zones d’AOC et les parcs naturels, mais leurs conditions d’application relativisent leur portée. En réalité, les parcs naturels ne pourront interdire les OGM qu’ "avec l'accord unanime des exploitants agricoles concernés", et "sous réserve que cette possibilité soit prévue par leur charte ». Une véritable « supercherie » pour Greenpeace, car l’unanimité « est évidemment impossible à atteindre. Il suffit d’un agriculteur, que les promoteurs des OGM n’auront sans doute aucun mal à convaincre, pour saboter toute tentative de protection des espaces naturels ». Quant aux zones d'AOC, elles pourront seulement "proposer des mesures de protection renforcées" à l'administration, mais rien n’indique que l’administration soit tenue de les appliquer. « Globalement, les amendements ont tout l’air de pilules destinées à faire digérer aux français un texte fondamentalement inacceptable compte tenu de leurs préoccupations et des risques potentiels des OGM », conclut Arnaud Apoteker de Greenpeace.

Ce débat parlementaire est exemplaire. Il révèle que les lobbies qui soutiennent la politique du Gouvernement dans son ensemble ont les moyens d'interdire les quelques exceptions écologiques qui avaient été mises en exergue par Jean-Louis Borloo. Il n'y a pas d'écologie véritable qui puisse être mise en pratique dans un régime ultra libéral.

mardi 8 avril 2008

Bien avant que nous ne manquions de pétrole, nous allons manquer d’atmosphère




Le prix Nobel de Chimie Mario Molina, le premier a avoir alerté l’opinion publique sur le trou dans la couche d’ozone, s’alarme des risques de basculement soudain et irréversible du climat terrestre.

Au-delà d’un réchauffement de la planète de 2,5 degrés celsius, il y aurait des “conséquences presque irréversibles” a alerté le Prix Nobel 1995. Cette année là, ses travaux avaient permis de mettre en évidence la menace que représentaient les gaz CFC sur la couche d’ozone.

“Les choses sont en train de changer, et il n’y a aucun doute que c’est à la suite des activités humaines” a-t-il affirmé. “Bien avant que nous ne manquions de pétrole, nous allons manquer d’atmosphère”.

Lors d’une réunion annuelle de la Banque inter-américaine de développement, à Miami, Molina a affirmé que l’augmentation de l’intensité des ouragans faisait partie des changements inquiétants que les scientifiques liaient à un réchauffement climatique rapide survenu au cours des 30 dernières années”.

Le scientifique n’a pas déterminé les effets spécifiques de l’élévation de la température terrestre survenue jusqu’à présent, qui a été légèrement inférieure à 1 degré Celsius au cours du dernier siècle, mais il explique que des “points critiques” peuvent être atteints si la température continue d’augmenter. Ces niveaux impliquent des changements irréversibles de l’environnement planétaire.

Moliano a expliqué à l’agence Reuters qu’il existait de grandes incertitudes sur l’étendue de la capacité de la planète à supporter un réchauffement supplémentaire, avant d’atteindre un tel niveau critique.

“Vous ne cessez de changer la température graduellement, mais soudain, les choses changent dramatiquement”, prévient-il. “Tenter de limiter (le réchauffement) au-dessous de deux degrés (celsius) signifie que nous voulons maintenir le changement tout au plus à deux ou trois fois ce qui a déjà été changé. Et c’est parce qu’il est irréaliste d’attendre un changement moindre, à cause de ce qui a déjà été fait” dit Molina.

“L’idée de conserver le changement de température en-dessous de 2,5 (degrés celsius) vise précisément à réduire la possibilité d’atteindre ces points de basculement.” Au delà, le réchauffement représenterait “un risque qui n’est pas acceptable pour la société.”

Source : Reuters. 7 Avril 2008.