Actualité

Notre prochain débat citoyen aura lieu le samedi 09 Février à 17h00
Maison de la Challe à ERAGNY

Les circuits courts alimentaires
Les jardins partagés


dimanche 18 janvier 2009

Les armes qui tuent la civilisation

Les armes de guerre utilisées par Israël a Gaza n'ont pas tué que des civils palestiniens, elles ont tué le droit même d'utiliser la force, elles ont tué le droit de la guerre. Elles tuent la civilisation.



L'emploi d'obus perforants à tête en uranium appauvri (1), l'emploi de bombes au phosphore blanc (2) constituent de fait, et non en droit (!), des crimes de guerre (3). C'est d'autant plus indiscutable que les utilisateurs de ces armes ont visé, à Gaza, des populations non armées, enfermées dans des villes qu'elles ne pouvaient fuir, et ont atteint de nombreuses familles nullement engagées dans les combats.


D'autres armes ont été employées contre les civils : des médecins dénoncent l'utilisation des DIME (Dense Inert Metal Explosive) (4). Ce sont de petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer. Elles ont un énorme pouvoir d'explosion, qui se dissipe à dix mètres. Mais avant, c'est un carnage: «A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles», ont expliqué des médecins norvégiens de l'hôpital de Gaza au journal Le Monde.

Les conséquences écologiques à moyen et long terme du recours à ces armes monstrueuses sont épouvantables. L'irradiation des survivants exposés à des épaves d'armes à l'uranium appauvri a déjà entrainé (on l'a vu au Kosovo, en Irak et au Liban) des malformations de nouveaux-nés. Le phosphore touchant un organisme vivant ne fait pas que provoquer d'atroces brûlures, il dévore littéralement les chairs pour en consommer l'eau. Quant aux blessures provoquées par les DIME, elles détruisent , en profondeur, les organes vitaux.



Autorisé ou pas par les traités internationaux, -la question est, bien entendu, controversé- le recours a de telles armes, et dans de telles conditions, abolit jusqu'au concept même d'humanité. Il est vain de parler de droits de l'homme ou de protection de l'environnement, s'il est concevable, y compris de se défendre, en infligeant de telles punitions à son ennemi. Nous constatons une régression épouvantable qui renvoie, par son horreur, aux conflits gigantesques du siècle passé, même si le nombre de victimes à Gaza n'excède pas quelques milliers. Nous devons envisager de renoncer à un paradigme : la légitime défense. Elle autorise et justifie toutes les atrocités. La notion même de civilisation est mise en cause.


(1) http://www.energethique.com/point_de_vue/nucleaire_gasn6a.htm
(2) http://www.swissinfo.ch/fre/infos/suisse_et_le_monde/Bombes_au_phosphore_a_Gaza_Isra_l_surfe_sur_le_droit.html?siteSect=126&sid=10195041&cKey=1231948700000&ty=st

(3) "L'armée israélienne est accusée par l'organisation Human Rights Watch (HRW) d'utiliser des munitions au phosphore blanc dans la bande de Gaza. Des munitions controversées, mais dont leur utilisation n'est interdite par aucun traité international. Les obus au phosphore blanc ont pour but d'éclairer un champ de bataille de nuit ou de créer un écran de fumée pour faciliter le déplacement de troupes. Mais le phosphore est surtout un agent toxique et l'exposition à ce produit peut se révéler fatale. Il peut provoquer des brûlures de la peau et endommager le foie, le coeur ou les reins".
http://lachaineverte.fr.msn.com/actualites/article.aspx?cp-documentid=12752017
http://fr.wikipedia.org/wiki/Phosphore_blanc
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dense_Inert_Metal_Explosive

samedi 10 janvier 2009

"Pour sauver la planète, sortez du capitalisme".

Pour sauver la planète, sortez du capitalisme paraît en janvier 2009, aux éditions du Seuil. Comment les riches détruisent la planète, l’ouvrage précédent de Hervé Kempf, a rencontré un grand succès en France et dans le monde entier, avec des traductions en anglais, espagnol, italien et grec. Il est maintenant publié en poche (collection Points).


Hervé Kempf,

Un autre monde est possibl
e, il est indispensable, il est à notre portée.

Le capitalisme, après un règne de deux cents ans, est entré dans une phase mortifère : il génère tout à la fois une crise économique majeure et une crise écologique d’ampleur historique. Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en recontruisant une société où l’économie n’est pas reine mais outil, où la coopération l’emporte sur la compétition, où le bien commun est plus important que le profit. Hervé Kempf explique comment le capitalisme a changé de régime depuis les années 1980 et a réussi à imposer son modèle individualiste de comportement, marginalisant les logiques collectives. Pour sortir du capitalisme, il faut prioritairement se défaire de ce conditionnement psychique. L’oligarchie cherche à détourner l’attention d’un public de plus en plus conscient du désastre imminent en lui faisant croire que la la technologie pourrait surmonter l’obstacle. Cette illusion ne vise qu’à perpétuer le système de domination en vigueur. L’avenir n’est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Ce qui fera pencher la balance, c’est la force et la vitesse avec lesquelles nous saurons retrouver l’exigence de la solidarité.


Ruth Stegassy s’entretient avec Hervé Kempf dans l’émission "Terre à Terre", sur France Culture, samedi 10 janvier à 7 h 00. http://www.radiofrance.fr/chaines/f...

Lu par Rue 89 :http://www.rue89.com/american-ecolo...

Mis en ligne le 3 janvier 2009 http://www.reporterre.net/spip.php?article125

jeudi 8 janvier 2009

Grands froids : le chauffage électrique ne convient pas!

À l’heure où les vagues de froid et les pics de consommation électrique battent des records, Greenpeace dénonce la faillite du système énergétique français fondé sur du tout nucléaire.

« Il est scandaleux d’entendre EDF appeler les citoyens à réduire leur consommation alors qu’EDF et l’État français ont mis en place un système où surproduction d’électricité et dispositifs d’économies d’énergie insuffisants obligent les citoyens à gaspiller l’électricité,Il est aberrant de venir culpabiliser les consommateurs, otages d’un système énergétique inefficace, cher et polluant, à un moment où ils ont légitimement besoin d’énergie ! » condamne Frédéric Marillier, de Greenpeace France.

La faillite du système énergétique français
Avec les températures qui chutent augmente le recours au chauffage électrique, qui équipe près d’un tiers des ménages français (record européen). Pour faire face à ces pics de consommation d’électricité (le record historique a explosé hier avec 92 500 mégawatts, contre 88 960 MW en décembre 2007), les 58 réacteurs du parc nucléaire français sont totalement inadaptés. Les centrales nucléaires produisent « en base » : elles fournissent une puissance constante, quelle que soit la demande en électricité, et ne sont pas du tout adaptées aux variations. EDF est alors obligé de recourir à deux solutions, toutes deux fortement émettrices de gaz à effet de serre… D’abord, allumer ses vieilles centrales au fioul. Résultat : depuis 1990, la part des énergies fossiles dans la production d’électricité française a crû de près de 25 %. Et ensuite, importer de plus en plus d’électricité produite chez nos voisins européens, en grande majorité à partir du charbon. Depuis cinq ans, l’Allemagne est ainsi exportatrice nette d’électricité vers la France (rapport RTE 2007).

« Le système nucléaire, et les surcapacités électriques qu’il a engendrées, a conduit à une perversion : on a développé le chauffage électrique parce qu’EDF avait des kilowattheures à vendre, explique Frédéric Marillier. Cette situation conduit à une augmentation du recours aux combustibles fossiles en période de pics. »

Le scandale du chauffage électrique
Une étude sur l’efficacité électrique, commandée par Greenpeace à l’institut ICE (à paraître en janvier), révèle qu’en France les pics de consommation liés au recours aux convecteurs électriques s’avèrent très fortement émetteurs de CO2. « Selon les premiers résultats de cette étude, en France, le contenu en CO2 du chauffage électrique approche les 600 g de CO2 pour tout kWh supplémentaire, contre 230 g par kWh pour le gaz, par exemple », précise Frédéric Marillier. En France, le chauffage représente 10 % de la consommation globale d’électricité et 80 % des constructions neuves sont aujourd’hui équipées en chauffage électrique !

La solution : stopper l’expansion du nucléaire !
Au lieu d’appeler les citoyens à ne pas utiliser leur sèche-linge ou leur lave-vaisselle, l’État français ferait mieux de renoncer d’urgence au programme EPR, et notamment à l’annonce de la construction d’un 2e réacteur (publication de la Programmation pluriannuelle des investissements – PPI – attendue pour janvier).

« Investir dans le nucléaire accentuerait ces phénomènes de pics et de recours aux énergies fossiles, avec comme résultat à terme une augmentation des émissions de CO2 dans l’électricité française, affirme Frédéric Marillier. La France doit renoncer à son projet de 2e EPR et investir les 4 milliards nécessaires à sa construction dans des dispositifs d’économies d’énergie (isolation de l’habitat) et dans le développement des renouvelables, seules solutions permettant de faire face à la fois aux enjeux de consommation, d’indépendance énergétique, de lutte contre les changements climatiques et de défense du pouvoir d’achat des consommateurs. »

http://www.greenpeace.org/france/voeux-2009

samedi 3 janvier 2009

La fin de partie est sifflée! Sauvons la vie!

Terre sacrée (1) cite un blogueur désespéré (2) qui cherche (et trouve) chez un centenaire, dans les écrits de Claude Lévi-Strauss, et sous sa féroce dénonciation des erreurs du temps, la meilleure raison de vivre et d'agir, d'une banalité efficace, qui est le respect, (non seulement le respect d'autrui mais le respect de la vie sous toutes ses formes). Si l'évidence est souvent la réalité la plus difficile à comprendre, elle est, dès qu'elle émerge, la force spirituelle capable de tout changer. Il ne s'agit plus, en ce début de siècle, de changer la vie mais de laisser la vie nous changer... Vaste programme, mais espérance ultime! Oui, bonne année 2009. J-P D.

Claude Lévi-Strauss, né le 28 novembre 1908, ethnologue, anthropologue et philosophe français.

Le 31 décembre sera-t-il uniquement la fin de 2008 ? Ou le début d'autre chose? /.../ Je devine un 'Quelqu'un' qui va bientôt siffler la fin de la récréation des peuples du monde. Alors, je me tourne vers un homme de cent ans aujourd'hui, Claude Lévi-Strauss, en rappelant quelques uns de ses propos :
«Ce que je constate: ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne -si je puis dire -et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime.»

Sa vision de l'humanité est tragique :
«Il n'y a plus rien à faire: la civilisation n'est plus cette fleur fragile qu'on préservait. L'humanité s'installe dans la monoculture ; elle s'apprête à produire la civilisation en masse comme la betterave.»

Tout cela n'est-il pas plutôt un pathétique appel à changer ? Il cerne les causes de la situation actuelle :
«En isolant l'homme du reste de la création, en définissant trop étroitement les limites qui l'en séparent, l'humanisme occidental hérité de l'antiquité et de la Renaissance l'a privé d'un glacis protecteur et, l'expérience du dernier et du présent siècle le prouve, l'a exposé sans défense à des assauts fomentés dans la place forte elle-même.»
«Il a permis que soient rejetées, hors des frontières arbitrairement tracées, des fractions chaque fois plus prochaines d'une humanité à laquelle on pouvait d'autant plus facilement refuser la même dignité qu'au reste, qu'on avait oublié que si l'homme est respectable, c'est d'abord comme être vivant plutôt que comme seigneur et maître de la création : première reconnaissance qui l'eût contraint à faire preuve de respect envers tous les êtres vivants.»
(Cette allocution de Claude Lévi-Strauss à l'UNESCO date de... 1971!)

«On a commencé par couper l'homme de la nature, et par le constituer en règne souverain ; on a cru ainsi effacer son caractère le plus irrécusable, à savoir qu'il est d'abord un être vivant. Et, en restant aveugle à cette propriété commune, on a donné champ libre à tous les abus.
Jamais mieux qu'au terme des quatre derniers siècles de son histoire, l'homme occidental ne put-il comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement l'humanité de l'animalité, en accordant à l'une tout ce qu'il retirait à l'autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d'autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d'un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l'amour-propre son principe et sa notion.»
(Extrait de l'Anthropologie structurale - 1958).

Claude Levi-Strauss nous rappelle que si nous ne faisons rien pour changer les choses, nous courons à notre perte. Mais il indique, semble-t-il, une voie pour l'humanité :
«... le respect que nous souhaitons obtenir de l'homme envers ses pareils n'est qu'un cas particulier du respect qu'il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie.
En ce siècle où l’homme s’acharne à détruire d’innombrables formes vivantes, après tant de siècles dont la richesse et la diversité constituaient de temps immémorial, le plus clair de son patrimoine, jamais sans doute, il n’a été plus nécessaire de dire, comme le font les mythes, qu’un humanisme bien ordonné, ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres avant l’amour-propre."
(Tiré de L'Origine des manières de table. Plon, 1950.)



Bonne année à tous. Changeons tout en 2009. Nos enfants l'exigent.

(1) http://terresacree.org
(2) http://lobservateurdudouaisis.pointscommuns.com/claude-levi-strauss-commentaire-lecture-75172.html.

vendredi 19 décembre 2008

Les prix Pinocchio : halte aux mensonges!




Les Amis de la Terre ont décerné mardi 16 décembre, à l'Entrepôt, à Paris, les prix Pinocchio du développement durable 2008, à trois entreprises parmi les 12 nominées pour des pratiques allant à l'encontre du développement durable, ou des campagnes de communication abusives. Sur la base de cas concrets en Europe ou dans les pays du Sud, plus de 4100 citoyens ont élu cette année deux lauréats : Louis Dreyfus (droits humains) et Areva (environnement et greenwashing).

Les concepts de développement durable et de responsabilité sociale et environnementale des entreprises sont des avancées essentielles de ces dernières années. Toutefois, en l'absence de cadre juridique clair et contraignant, ils ont souvent été récupérés par les entreprises qui, les vidant de leur sens, les utilisent pour redorer leur image auprès des citoyens, des actionnaires et des décideurs publics.

C'est pour dénoncer cette situation que les Amis de la Terre ont décernés mardi 16 décembre à Paris trois prix Pinocchio du développement durable, dans les catégories « environnement », « droits humains », et « greenwashing ». Ces prix se basent sur douze cas concrets au Sud ou en Europe, particulièrement révélateurs du double discours d'entreprises qui se présentent souvent comme irréprochables, mais dont les impacts des activités sont en réalité beaucoup plus négatifs.



Dans la catégorie « Droits humains », le prix Pinocchio a été remis au groupe Louis Dreyfus, deuxième plus gros producteur d'agroéthanol et de sucre au Brésil. Après avoir exploité des populations indigènes Guarani dans des conditions proches de l'esclavage, sa décision récente d'automatiser la récolte de la canne à sucre conduira à plus de 10 000 licenciements. Cet exemple rappelle à quel point le développement des agrocarburants, inutiles en terme de lutte contre le réchauffement climatique, représente en outre une véritable menace sociale et économique pour les pays du Sud.

Dans le catégorie « Environnement », le géant du nucléaire AREVA a été récompensé d'un prix Pinocchio pour les pollutions radioactives graves survenues début juillet sur le site français du Tricastin (Drôme), suite à ce que les autorités ont décrit comme une « série de dysfonctionnements et de néglicences humaines ». Ces événements rappellent à quel point le nucléaire est une énergie dangereuse, malgré ce qu’Areva, soutenu par de nombreux responsables politiques, veut faire croire aux citoyens.

Enfin, dans la catégorie « Greenwashing », c'est également AREVA qui a obtenu le prix Pinocchio 2008 pour son slogan « Nos énergies ont de l'avenir, un avenir sans CO2 ». Malgré les tentatives du groupe pour présenter le nucléaire comme une solution propre et positive en matière de réchauffement climatique, son bilan en la matière reste très loin derrière les énergies renouvelables, que ce soit en termes d'efficacité ou de coût financier, et l'omission permanente dans ses publicités des risques spécifiques au nucléaire (déchets, fuites, démantèlement, etc.) scandalise plus d'un citoyen.

Pour Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale aux Amis de la Terre, « cette première édition des prix Pinocchio a été un véritable succès, avec plus de 4000 votes en l'espace de quelques semaines. Cela montre que les citoyens ne sont pas dupes des beaux discours des entreprises lorsqu'elles se présentent comme des parangons de vertu. Il faut désormais que les pouvoirs publics légifèrent ! ».

Selon Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes, « Les citoyens ne tolèrent plus le verbiage des entreprises en matière de RSEE. C'est d'actualité : les scandales financiers à répétition illustrent également, dans le secteur financier, l'irresponsabilité des grandes entreprises. Le législateur doit donner un cadre clair, précis et contraignant de reporting environnemental et social aux entreprises, dans la même logique que les normes comptables, et lier la responsabilité juridique de la maison mère à toutes ses filiales en matière environnementale et sociale. Ces outils sont impératifs notamment pour mettre un terme à l'impunité quasi totale des grandes entreprises françaises dans les pays du Sud. »

Les résultats des votes détaillés par catégorie sont accessibles sur le site www.prix-pinocchio.org