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dimanche 7 mars 2010

Contre la conférence internationale pronucléaire


Communiqué de presse

La France, leader mondial… de la prolifération !

« Sortir du nucléaire » dénonce une conférence internationale à Paris pour la promotion du nucléaire

Les 8 et 9 mars prochain, Paris accueillera une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire, organisée avec le concours de l’OCDE. Ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA, son objectif affiché est de « promouvoir l’usage pacifique et responsable de l’énergie nucléaire », tout en dissuadant de se tourner vers des applications militaires.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » souligne la duplicité des autorités françaises. Celles-ci propagent une distinction artificielle entre un nucléaire civil « pacifique » et un nucléaire militaire à réserver à un club fermé.

Le nucléaire « civil » est un alibi facile pour camoufler l’enrichissement de l’uranium à des fins militaires. Cet enrichissement est en effet une étape indispensable pour fabriquer tant le combustible des centrales que la matière fissile des bombes. La communauté internationale elle-même reconnaît implicitement cette faille : pourquoi, sinon, s’offusquer de la volonté de l’Iran de posséder sa propre usine d’enrichissement ?

Enfin, rappelons-nous que la France a elle-même aidé certains Etats (Israël, Irak, Afrique du Sud) dans leurs tentatives pour se doter de la bombe [1]. A quelques mois de la révision du Traité de Non Prolifération, la tenue de cette conférence est une véritable provocation. Tant qu’il y aura des centrales, il y aura des bombes !



Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce les risques que la France fait courir au monde entier en cherchant à propager la technologie nucléaire.

De la pollution générée par les mines d’uranium à l’héritage empoisonné des déchets radioactifs, du risque permanent d’accident à la menace terroriste, le nucléaire représente un danger global.

Au-delà des risques majeurs qu’elle comporte, cette technologie est totalement inadaptée pour répondre aux grands enjeux énergétiques et environnementaux actuels, notamment l’épuisement des ressources et le changement climatique.

• Enfin, ce grand raout atomique n'est-il pas une tentative désespérée de faire oublier les difficultés de la filière nucléaire française ? En effet, malgré les discours de relance, la production d’électricité nucléaire mondiale est en déclin [2], et l’industrie nucléaire française en pleine déconfiture. Les chantiers de l’EPR connaissent des déboires permanents, et les investisseurs ne s’y trompent pas : le nucléaire est un puits sans fond !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle les Etats participants à la lucidité, et à se tourner vers d’autres options sûres et prometteuses (efficacité énergétique, énergies renouvelables) plutôt que vers une technologie dangereuse et coûteuse.



Conférence de presse et action :
lundi 8 mars à 11 h, Place de Colombie - Paris 16e - (accès : RER C, arrêt Henri Martin)

Contact presse : Charlotte Mijeon - Tél : 06 75 36 20 20 charlotte.mijeon@sortirdunucleaire.fr
Contact action (9h à 12h30): Jocelyn Peyret : 06 20 36 57 17 jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr

http://sortirdunucleaire.org/
http://www.demosphere.eu/node/17947

[1] Pierre Péan, Les Deux Bombes, Editions Fayard, 1982 ;
Bruno Barillot, Le complexe nucléaire, CDRPC/ Réseau « Sortir du nucléaire »

[2] Mycle Schneider, World Nuclear Industry Status Report, 2009

mardi 2 mars 2010

Quand manger est un danger

La santé des consommateurs est en danger : c'est l'Expansion, un hebdomadaire qui n'a rien de révolutionnaire, qui l'affirme. Il y a non seulement raison de le croire, mais raison de s'alarmer... La question à poser est, cependant, la suivante : suffit-il de dénoncer et d'en appeler à l'Union européenne? Cette enquête utile doit être suivie d'une autre : est-ce le système économique et sa politique de croissance qui produisent ces dérives meurtrières?

Nous n'hésitons pas, en tout cas, à reproduire une partie de l'article central du dossier, car il y va, effectivement, de notre santé.



Tiré de :

L'Expansion.jpg

Pesticides interdits, problèmes d'hygiène dans les abattoirs, publicité mensongère... "L'Expansion" a enquêté sur les dérives d'une filière agroalimentaire qui met en péril la santé des consommateurs.

Tout ça n'a que trop duré. Les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) veulent en finir avec les crises sanitaires et les fraudes alimentaires. Les poulets chinois gavés aux anabolisants, la mozzarelle de la Camorra contaminée à la dioxine, la "remballe" de viande des grandes surfaces, les abattoirs clandestins... Ils veulent que ça cesse et ont décidé de frapper fort en proposant à l'Europe de mobiliser, lors d'un colloque prévu du 6 au 8 octobre, tout ce qu'elle compte de sommités dans l'agroalimentaire - scientifiques, industriels, magistrats, policiers, gendarmes, ministres, etc. - afin de mieux lutter contre les scandales de la malbouffe.

Le ton monte de tous les côtés. Début mars, dans un colloque organisé au Parlement européen, le Comité de recherche et d'information indépendants sur le génie génétique, présidé par l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage, envisage de demander publiquement la démission de Catherine Geslain-Lanéelle, la directrice de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). En cause : le refus de mener des tests in vivo qui permettraient d'évaluer la dangerosité du Roundup de Monsanto, le désherbant le plus vendu du monde. Le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a lui-même jugé utile de lancer, il y a quelques semaines, des "états généraux du sanitaire". "Des maladies émergentes sont aux portes de l'Europe et la menace d'une crise sanitaire n'a jamais été aussi forte", affirme-t-on, rue de Varenne. Si tous ces acteurs de la vie publique se penchent sur notre assiette, c'est qu'ils voient la machine s'emballer. Les multinationales de l'agroalimentaire sont prêtes à tout pour produire plus en dépensant moins. L'industrialisation à outrance les conduit à élaborer des recettes toujours plus grasses, plus salées, plus sucrées, bourrées d'additifs, d'arômes artificiels et de conservateurs. Les fruits et les légumes sont dopés aux pesticides. Leurs résidus s'accumulent dans nos organismes et créent un effet cocktail dont on ne connaît pas l'impact sur la santé. De nombreux élevages de volailles ou de porcs sont de véritables usines, où les animaux sont gavés aux antibiotiques. Lorsqu'ils ne sont pas plongés dans du chlore pour éliminer les traces de bactérie, comme les poulets américains, dont l'importation est interdite en France...

La globalisation des échanges a ajouté son grain de sel. Des pays en pleine mutation économique, comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, sont devenus des puissances agroalimentaires. Le n°1 mondial de la viande est brésilien depuis que JBS a racheté l'américain Pilgrim's Pride. Un des premiers producteurs de poissons d'élevage du monde ? La Chine, un pays peu soucieux des normes sanitaires, qui introduit sans états d'âme ses poissons contaminés aux métaux lourds dans les filières alimentaires. La course au rendement est telle que des pans entiers de l'agriculture se délocalisent, à l'image des haricots verts au Kenya ou des pommes au Chili. En Asie du Sud-Est, on rase les forêts tropicales pour planter des palmiers et fournir à l'industrie agroalimentaire de l'huile de palme bon marché. Et tant pis si notre alimentation est déjà trop riche en corps gras saturés.

Aveuglés par le marketing, les consommateurs n'y voient que du feu. Ainsi, les allégations sur la santé et la nutrition brouillent complètement nos repères, constate Pierre Chandon, professeur de marketing à l'Insead : "Les individus consomment jusqu'à 50 % en plus lorsque l'emballage porte la mention "faible teneur en matière grasse". Et lorsque le plat principal d'un repas est perçu comme "bon pour la santé", les consommateurs n'hésitent pas à commander des boissons et des desserts contenant 131 % de calories en plus." Un chiffre établi lors d'une étude sur le comportement des clients de Subway. En vantant les vertus diététiques de ses sandwichs, le géant américain a réussi à créer l'illusion. En témoigne cette publicité, diffusée aux Etats-Unis, qui met en scène une jeune femme dévorant un paquet entier de biscuits et rassurant son mari d'un : "It's OK, I had Subway." "On arrive à la situation paradoxale où les individus qui choisissent des aliments allégés consomment davantage pour compenser la prétendue faiblesse en calories", résume Pierre Chandon. "Si elle ne s'autodiscipline pas, l'industrie agroalimentaire court le même risque que les géants du tabac", avertit-il.

Pourtant, les industriels ne reculent devant rien. Lipton estampille son thé Linea d'un "0 calorie" pour le vendre 50 % plus cher qu'un thé vert classique, et le biscuitier LU garantit aux acheteurs de ses "Petit Déjeuner" un "apport glucidique régulier", sans préciser qu'ils comportent 50 % de graisses de plus qu'un petit beurre. Sauf que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se faire prendre la main dans le pot de confiture. C'est le cas du confiseur italien Ferrero. L'Efsa vient de lui demander de retirer la mention "Aide à grandir" de ses chocolats - riches en lait, mais aussi en graisses et en sucre. Elle a aussi retoqué les allégations de "coupe-faim" d'un fabricant de lait écrémé enrichi en protéines et en fibres. Enfin, elle vient de rendre un avis qui, s'il est avalisé par la Commission européenne, obligera les industriels du lait à retirer toute référence aux vertus des probiotiques. Selon elle, ces bactéries, que l'on incorpore dans les yaourts et les compléments alimentaires, n'ont pas fait leurs preuves.

"Si elle ne s'autodiscipline pas, l'industrie agroalimentaire court le même risque que celle du tabac." Pierre Chandon, professeur de marketing à l'Insead

Au rayon viande, ce marketing flirte carrément avec l'illégalité. A l'hypermarché Carrefour, porte d'Auteuil, à Paris, on trouve toutes sortes de boudins en barquettes : du premier prix (1,63 euro) au haut de gamme (3,26 euros). A y regarder de plus près, on remarque, sur chaque étiquette, le même agrément sanitaire commençant par la même série de chiffres : 72.331. "Cela signifie que tous ces boudins viennent de la même fabrique sarthoise et que la liste des ingrédients est identique. Seul le packaging change et, pourtant, le prix varie du simple au double", affirme un expert en traçabilité, qui tient à rester anonyme. Dans cette profession, en effet, on parle rarement à visage découvert par crainte de se faire "griller" par ses clients... distributeurs.

Rayons viande, là aussi, tout est histoire d'emballage. "Vous voyez, ces petits papiers buvards dans les barquettes, sous la viande ? Ça ne sert pas à éponger seulement le sang, mais aussi l'eau. Car ces viandes proviennent d'animaux gavés d'aliments phosphatés. Le sodium retient l'eau, la viande est donc plus lourde lorsqu'elle est pesée." Il y a trois ou quatre ans, on utilisait des buvards qui absorbaient 15 grammes d'eau. Aujourd'hui, ils sont capables d'en boire 40 grammes. Il y a donc de plus en plus d'eau dans les barquettes. Mais qui s'en rend compte ? Personne. Le préjudice est pourtant important : 40 grammes sur un morceau de 200 grammes, c'est 20 % du prix.

L'Expansion a classé par types d'aliments les notifications du Système d'alerte rapide sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux de l'Union européenne en 2009. Celui-ci centralise les cas présentant un risque grave et immédiat pour la santé signalés par les États membres.

Que font les enquêteurs de la Consommation et de la répression des fraudes ? Ce qu'ils peuvent. Car les services de contrôle sont en pleine cure d'amaigrissement, réforme de l'État oblige. "Dans dix-huit départements, dont le Cantal et ceux des Alpes, nous serons bientôt au-dessous du seuil critique en termes d'effectifs, pronostique Michel Garcin, secrétaire général du syndicat FO-CCRF. Comment voulez-vous assurer des missions de contrôle si nous n'avons plus assez d'agents pour les effectuer ?"

Même inquiétude dans les équipes vétérinaires, qui sont chargées d'inspecter les abattoirs de viande. "C'est la Berezina, s'emporte Benoît Assemat, président du Syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire. Les effectifs ont baissé de plus de 6 % depuis 2006, les recrutements sont en berne..." Inquiétant alors que, de l'aveu même du ministère de l'Agriculture, "la probabilité d'une crise sanitaire est passée d'une tous les dix ans à une par an aujourd'hui".

Dossier coordonné par Jean-Jacques Manceau. Charles-Emmanuel Haquet, Chloé Hecketsweiler, Géraldine Meignan, Jacques Bury et Joël Clergiot - 24/02/2010. http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/quand-manger-est-un-danger_227434.html?pg=2

lundi 8 février 2010

Le Pic Vert est sorti de son nid


Le pic-vert est l'oiseau de l'écologie.

Le Pic Vert est sorti de son nid, ou de son trou, car il niche au creux de l'arbre qu'il a creusé. Il est sorti pour se montrer, et s'est couché sur le papier. Il est entré dans certaines boîtes à lettres. Car il n'est pas un oiseau seulement. Il est un message qui, depuis 9 ans, vole au-dessus du bois d'Éragny. Car c'est sa neuvième sortie! Il aura 10 ans en 2011.

Le Pic Vert d'Éragny, modestement, s'est offert aux citoyens de la petite commune du Val d'Oise. Il s'est élevé contre ce qui rendrait son habitat invivable : la disparition des Bois des Chasse-marée et du Bois Méresse, pour cause de prolongement d'autoroute ou de grignotage immobilier.

Pour la première fois, le Pic Vert augmente le nombre de ses pages emplumées : elles passent de 4 à 6. C'est encore bien peu, mais le Pic Vert est pauvre et puis, il n'a pas besoin de s'étaler et ce qu'il chante suffit. Il crie, appelle, ricane, tambourine comme tous les pics verts... Et pour quoi dire?

Pour nous avertir, nous mettre en garde, nous appeler à agir pour protéger et son nid et le nôtre! Comme son tout petit complice, le colibri, il affirme qu'il faut une première goutte d'eau pour éteindre un incendie... Celui qui fait un tout petit peu fait des milliards de fois plus que celui qui ne fait rien!

Et le Pic Vert prétend que l'incendie approche, un feu qui n'est pas fait de flammes mais d'une chaleur insupportable : l'effet de serre. On ne calmera pas cette fournaise par des demi-mesures mais par la transformation du mode de vie qui a tant échauffé la planète.

On le dessine toujours, inséparable des bois où il vit

Voilà ce que, sous cent et une formes, explique le Pic Vert. Prenez le temps d'entendre, c'est-à-dire de comprendre, ce que nous lance le Pic Vert. Le temps est venu, au cours de notre histoire humaine, de nous sauver nous-mêmes ou de périr tous ensemble. Or le Pic Vert veut vivre! Et nous aussi. Suivez le des yeux car il est beau, et suivez le en actes car son message contient une espérance!

Nous, qui sommes ses amis, nommons ce que nous faisons, à l'appel du Pic Vert : l'écologie politique.

Lisez les infos du Pic Vert.


jeudi 21 janvier 2010

Le duel qui déstabilise le nucléaire français

Contrat perdu, chantiers en retard, centrales à l’arrêt: en France, l’atome civil traverse une crise, sur fond de rivalité entre deux patrons de choc, Anne Lauvergeon et Henri Proglio

"Les chamailleries qui déstabilisent la filière nucléaire française ont fini par atteindre le sommet de l’Etat. Le 20 janvier, le premier ministre François Fillon a convoqué les deux patrons du secteur, Henri Proglio d’EDF et Anne Lauvergeon d’Areva, engagés dans ce qui ressemble à une lutte à mort pour la domination de cette industrie stratégique.

Selon une source gouvernementale, la rencontre visait à «aplanir les différends» et à «dire qu’ils doivent s’entendre». Suggestion étrange, puisque EDF, qui exploite les 58 réacteurs nucléaires français, et Areva, qui les fabrique, appartiennent tous deux à l’Etat et dépendent largement l’un de l’autre. Mais, dans la pratique, l’attelage fonctionne mal.

Fin décembre, la France a perdu un important contrat nucléaire à Abu Dhabi, face aux Sud-Coréens. La faute d’EDF qui s’est impliquée trop tardivement, accuse Anne Lauvergeon. Celle d’Areva, dont le nouveau réacteur EPR est trop cher et dont la gamme est trop limitée, a répliqué Henri Proglio dans Le Monde: «Vous avez déjà vu un commerçant qui n’a qu’un seul produit en rayon?»

L’accrochage a pris un tour spectaculaire cette semaine, avec le refus d’Areva de continuer à retraiter les déchets radioactifs produits par les centrales EDF. Officiellement, cette suspension – levée hier après la réunion chez le premier ministre – est due à un conflit commercial, portant notamment sur le prix payé par EDF. Mais elle illustre aussi l’opposition personnelle entre ces deux fortes ­têtes que sont Henri Proglio et Anne Lauvergeon.

«Une situation pas merveilleuse»

Du côté d’Areva, on affirme que le nouveau directeur d’EDF, nommé en novembre par l’Etat, a lancé une «campagne» pour «faire tomber» la patronne du fabricant de réacteurs. «Il arrive en terrain conquis, en pensant qu’il a un fort soutien du politique, explique une source proche du groupe. Il est animé d’un sentiment d’impunité et de puissance.»

Fin avril, une commission nommée par l’Elysée doit rendre un rapport sur la restructuration du secteur nucléaire français. La cohabitation entre EDF et Areva est au cœur du problème. Or, la commission est présidée par un ancien directeur d’EDF, André Roussely. L’un de ses membres, Philippe Delmas, a travaillé comme consultant pour Henri Proglio lorsque ce dernier dirigeait Veolia. Autant dire que son rapport est attendu avec scepticisme par Areva.

Chez EDF, les détracteurs d’Anne Lauvergeon ont des arguments à faire valoir. Comment le secteur nucléaire peut-il fonctionner efficacement avec deux patrons placés, comme elle l’exige, sur un pied d’égalité? N’est-elle pas responsable des retards dans la construction des EPR en Finlande et à Flamanville, dans la Manche, dont la mise en service pourrait être repoussée de 2012 à 2014?

La présidente d’Areva rétorque que le chantier finlandais avance «très bien». Et tout retard à Flamanville, déclarait-elle l’an dernier, serait imputable à EDF, maître d’œuvre du projet. Elle dénonce aussi la faible disponibilité (moins de huit réacteurs sur dix fonctionnent) des centrales opérées par EDF en France: «Dix-sept réacteurs arrêtés, dont huit récemment, ça n’est pas possible!»

Où s’arrêtera l’escalade? Hier, une polémique a éclaté sur le salaire d’Henri Proglio à EDF – 1,6 million d’euros par an, 45% de plus que son prédécesseur, auxquels s’ajoutent 450 000 euros versés par son ancienne entreprise, Veolia, dont il préside toujours le conseil d’administration. Dans le monde politique, l’affaire fait scandale. Ce qui, espère-t-on chez Areva, pourrait freiner les ambitions d’Henri Proglio, au moins provisoirement.

dimanche 10 janvier 2010

Les éoliennes, c'est bon seulement outre-Manche?



Au Danemark 20% de l'électricité est éolienne (50% en 2020), l'énergie qui a le meilleur bilan environnemental et sanitaire de toutes les énergies. En Allemagne : 7%. En Espagne : 13%.
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Pendant ce temps-là, en France, pays qui jouit de l'un des meilleurs gisements éoliens d'Europe, (voir la carte), où cette énergie verte représente moins de 0,5% (!) du mix électrique, les nucléocrates continuent, dans l'ombre, leur travail de sape du développement de l'énergie du vent...

Un programme britannique géant de fermes éoliennes est en cours :
Il s'agira de construire quelque 6400 nouvelles éoliennes de 5 mégawatts, capables d'alimenter la quasi-totalité des foyers dans dix ans. Le programme comprend neuf zones d'une capacité de 0,6 gigawatts, pour la plus petite, à neuf gigawatts, pour la plus grosse, réparties tout autour de la Grande-Bretagne, soit 32 GW au total, qui s'ajoutent aux 8 GW déjà en cours de développement ou en place dans le pays. Divers groupes étrangers, comme les allemands Eon et RWE, le norvégien Statoil, le portugais EDP, le suédois Vattenfall, l'espagnol Iberdrola (via sa filiale britannique Scottish Power), ou l'américain Fluor, ont été retenus pour la construction de ces fermes. Les britanniques Scottish and Southern Energy et Centrica sont également très représentées dans ces partenariats.

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