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Notre prochain débat citoyen aura lieu le samedi 09 Février à 17h00
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lundi 2 juin 2008

Libre ou libéral ? Offrir une réponse écologiste!

Le débat sur le libéralisme est lancé. Utile clarification ! Bertrand Delanoë a eu L’Audace -c’est le titre de son dernier livre- d’appeler les socialistes du XXIe siècle à adopter pleinement le libéralisme. Un « libéralisme politique », bien entendu… Alain Richard, du coup, lui est « reconnaissant » d’avoir « fait reculer l’inculture ». Rien de moins ! Déjà Michel Rocard, l’an passé, à La Rochelle, voulait « réhabiliter » le libéralisme. Quant à Manuel Valls, il va jusqu’à recommander d’inscrire le libéralisme dans la déclaration de principes du Parti socialiste.

Voilà donc un débat qui semble faire rage ! Pourtant, la poudre aux yeux est largement projetée au visage des citoyens. Les prend-on pour des gogos ? Ce débat, qu’on dit interne au Parti socialiste, en déborde rapidement parce que ce n’est pas en son sein qu’il est né ! La question intéresse l’ensemble de ce qu’on appelait, jusqu’ici, la gauche : "en adoptant les mots de la droite, la gauche importe aussi sa pensée" écrit Michel Soudais dans Politis.


Bien entendu, "pour se démarquer", Ségolène Royal déclare "totalement incompatible" le mariage du libéralisme et du capitalisme. Le Congrès de Reims du PS s’annonce bien…

Pour sortir de l’ambiguïté, il faut entrer dans les mots. Car il y a "libéral" et "libéral". Est libéral celui qui respecte la liberté individuelle, donc la liberté d’agir et d’entreprendre, mais, inversement, est aussi libéral celui qui s’appuie sur cette liberté pour imposer à autrui le pouvoir de son argent ! Le danger est dans la superposition des sens ! Quand libéral veut dire large de vues, il s’agit de libéralisme politique. Quand libéral veut dire libre d’imposer ses vues à autrui, il s’agit de libéralisme économique voire de dictature économique.


Le réalisme économiste se sert de la liberté pour l’interdire. Des politiciens se plaisent à instrumentaliser des vocables. Ils enferment alors le débat politique dans les étiquettes. Ils oublient le contenu des flacons ! Les adversaires de l’idéologie idéologisent !


Le refus de se voir imposé des limites est à double sens. S’opposer à l’interdiction de circuler, parler, écrire, aimer, n’a rien à voir avec l’interdiction de dominer, thésauriser, s’approprier les richesses et les répartir à son gré ! Il ne peut y avoir deux libertés superposées. La liberté invoquée en économie n’est pas la même que la liberté défendue en politique. L’une tue l’autre. Il y des limites au pouvoir de l’État comme à celui des puissances d’argent.


Au cœur du débat se situe précisément la notion de limite. Et là, l’écologie intervient. Le "libéral-libéraliste" n’en veut aucune : "tout est possible". Or, c’est faux : tout n’est pas possible dans un monde fini. Le "libéral-libre" sait que la limite fait partie de la condition humaine.

Voilà pourquoi le débat sur la décroissance, comme sur le libéralisme, sera acharné. La décroissance n’est pas le recul mais la reconnaissance des limites. Il y a deux manières de repérer une limite, un mur... Soit en guettant son approche et en s’arrêtant à distance respectueuse, soit en courant tête baissée jusqu’à ce qu’on le heurte. La liberté commence quand on sait ce qu’on peut faire. Elle s’évanouit quand on lui demande de tout pouvoir faire, y compris ce qui peut nuire aux concitoyens dont on partage le sort.


Un socialiste qui accepterait "les lois du marché", et admettrait les lois non écrites de la domination du capital, n’est plus socialiste, et ne peut plus se réclamer de la liberté. Encore une fois, la liberté n’est pas le simple droit de faire, faire sans contrepartie ni contrôle. La liberté individuelle n’est pas la liberté qui ne serait accordée qu’à chaque individu ayant les moyens de l’exercer. Le droit de faire ce qu’on veut n’est pas la liberté. La liberté sans partage est un leurre.


Le pouvoir d’achat dont on nous rebat les oreilles n’est plus la liberté de vivre. C’est la liberté de consommer ce qu’on est conditionné à acheter. Le diable, nous prêchait-on, n’est jamais si efficient que quand il se fait oublier. S’il convainc ses victimes qu’il n’existe pas, il peut mieux agir. Qui fait croire que le consommateur est libre s’inspire de ce diable. La pseudo-liberté du plus fort, du plus nanti, du plus instruit est une perversion…, et sacrifie, sans état d’âme, la liberté d’autrui.


Le débat est très ancien et son retour dans l’actualité étonnant. Les Révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle savaient déjà qu’il n’y a pas liberté sans égalité. Ni de liberté et d’égalité sans fraternité. Mais la devise républicaine a-t-elle jamais été prise au sérieux ? Faute de contenu donné à la fraternité, on en a fait une charité, une générosité, un humanisme douceâtre. On n’a pas voulu y voir l’hospitalité universelle et le partage dans la justice, une nécessité vitale pourtant, et la condition même de la liberté.

La planète nous impose, aujourd’hui, de choisir entre ces deux qualificatifs : libéral et libre. Est libéral celui qui accapare la liberté et la brandit comme un slogan. Est libre, plus modestement, celui dont le sort ne dépend pas de plus puissant que lui. Dans une planète fermée, il n’y a pas de porte ouverte sur un « toujours plus » indéfini.


L’histoire nous en a fait, cruellement, accomplir l’expérience : l’égalité sans liberté, c’est la dépossession et la mort. Le collectivisme anéantissait l’individu. La liberté sans égalité, c’est l’appropriation et la mort. Le libéralisme, c’est la confiscation des richesses du monde, par une partie des hommes. Il tue aussi.

Inutile, dès lors, de tenter de détourner les mots : qui s’affiche libéral ne peut rester libéral s’il s’en tient à ses seuls intérêts. Le libéralisme, devenu une doctrine, est liberticide. L’ami véritable de la liberté n’en fera jamais un principe, substituable à tous les autres. Est libre -et non libéral- celui qui échappe à la domination et travaille à ce que les autres y échappent.


Échappons donc nous-mêmes à la confusion. Profitons de ce débat, entr’ouvert par ceux qui s’y perdent, pour tenter d’y introduire cette révolution philosophique inachevée depuis 1789 : libres, égaux et fraternels n’est pas une utopie. Là où il n’y a plus d’utopie, de visées idéales, il n’y a plus de politique. Une humanité qui renoncerait à ce qu’elle a conçu, : une République fondée sur la possibilité d’un « en commun » sombrerait dans un réalisme suicidaire.

Quand libéral entre dans le vocabulaire économiste et réaliste des hommes politiques qui n’ont plus ni projet, ni rêve, ni espérance, cela signifie que le droit à la liberté pour tous est abandonné et renvoyé au magasin des illusions. Renoncer à bâtir toute cité nouvelle ou chercher d’urgence à la bâtir : c’est le choix, autant philosophique que politique, qui s’offre encore aux Terriens au moment où, dans un monde en mutation rapide, se trouvent bouleversées toutes les idées reçues.

Jean-Pierre Dacheux et Alain Frédéric

samedi 24 mai 2008

Les OGM passent mal! Non, ce n'est pas terminé!



Le Parlement a accordé jeudi 22 mai, par un ultime vote du Sénat, son feu vert définitif au projet de loi très controversé sur les OGM, qui transpose une directive européenne de 2001 et reconnaît
"la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM" en France.

Déjà entériné par les députés, le texte issu de la Commission mixte paritaire (Sénat/Assemblée) a été adopté par les sénateurs par 183 contre 42, le groupe PS ayant décidé de ne pas prendre part au scrutin. Les sénateurs UMP, rejoints par une partie des élus centristes et des radicaux du RDSE ont voté pour, PCF et Verts ont voté contre ce texte qui a connu un parcours parlementaire mouvementé.

"Merci pour ce vote, merci à tous", a déclaré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, visiblement soulagée de voir enfin s'achever l'éprouvant examen du projet de loi. Ce vote "met un terme à dix années d'esquives et de non-dits", a affirmé le ministre d'Etat, Jean-Louis Borloo.

Issu du Grenelle de l'environnement, le texte vise à clarifier les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect d'une directive de 2001, que la France aura attendu six ans pour transcrire en droit national.

Il compte parmi ses dispositions les règles en matière de "coexistence" des cultures, la création d'un Haut conseil des biotechnologies et l'institution d'un "délit de fauchage", passible de deux ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Défendu par le gouvernement comme un texte "équilibré", "respectueux" des principes du Grenelle, il est perçu à gauche comme un "arrêt de mort" du Grenelle, puisqu'il reconnaît "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM".

Peu de textes auront connu un parcours aussi chaotique que celui sur les OGM, parfois qualifié de "texte maudit". Crise gouvernementale autour des propos de Mme Kosciusko-Morizet, rejet surprise du texte, en deuxième lecture à l'Assemblée, après le vote d'une motion PCF, motion référendaire, vifs incidents de séance...

Si la page parlementaire se tourne jeudi, le débat est loin d'être clos. Les députés PS, PCF et Verts ont annoncé un recours, dès vendredi, auprès du Conseil constitutionnel pour faire censurer ce texte, tandis que le collectif anti-OGM promet la poursuite du "combat citoyen".

"Pour qu'une loi soit respectée, faut-il encore qu'elle soit respectable", a affirmé le leader altermondialiste José Bové, laissant entendre que "le délit de fauchage" ne suffirait pas pour empêcher de nouvelles "opérations commando".

De son côté, l'association Greenpeace a annoncé jeudi qu'elle restait "mobilisée" et attendait désormais des "décrets d'application le plus précautionneux possible" afin de "limiter les dégâts".

La Confédération paysanne, fer de lance de la lutte anti-OGM, a jugé que la loi définitivement adoptée jeudi par le Parlement était "non-conforme aux engagements du Grenelle" de l'Environnement, dénonçant de "graves lacunes de ce texte dont les paysans seront victimes".

"L'absence de définition claire du sans OGM sera la source de contentieux multiples et les critères de responsabilités choisis ne garantissent aucunement une réparation véritablement à la hauteur des préjudices multiples auxquels sont et seront confrontés les producteurs et les transformations en aval", a expliqué la Confédération paysanne.

2008-05-22

PARIS (source vérifiée)

Jean-Pierre Dacheux et Alain Frédéric

mercredi 21 mai 2008

OGM : passage en force de l'UMP



La mobilisation à droite a porté ses fruits. Sur 524 votants (contre moins de 300 la semaine dernière), la droite a pu refaire parler sa nette majorité d’élus : Le texte a finalement été définitivement adopté par l’Assemblée nationale peu après 20 heures, par 289 voix pour, 221 contre, et 23 abstentions.

La gauche a sorti une de ses dernières cartouches, en demandant de soumettre le projet à référendum. «Tous ceux qui ne veulent pas subir l’irréversible que votre loi veut imposer doivent pouvoir avoir le droit de choisir, a défendu le socialiste François Brottes. À l’heure qu’il est, seul un référendum leur offre cet ultime choix.» Une proposition très majoritairement rejetée.

Prochain - et dernier ? - acte pour le texte, le passage au Sénat, demain matin. La gauche a déjà annoncé qu’elle déposerait un recours devant le Conseil constitutionnel, peut-être dès vendredi.

Le gouvernement a imposé une loi contre l'avis des Français" pour répondre "à la pression des lobbies des semenciers et de la FNSEA", a affirmé le député Verts Noël Mamère.

« En votant cette loi qui légalisera la culture des OGM et les risques qui y sont associés, la majorité UMP joue avec le feu ! déclare Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. Il faut alors qu’elle ait le courage de dire la vérité aux Français : à partir du moment où on cultivera des OGM, ils seront obligés d’en consommer, même si ça commence à faible dose. »



Source : http://blog.greenpeace.fr/ogm

dimanche 18 mai 2008

Contre l'A104, c'est reparti!

L'association SÉSAME se veut un pôle de vigilance contre l'A104. Deux nouvelles importantes sont apparues depuis les élections municipales de mars : une opposition de municipalités concernées s'est constituée, dans les Yvelines. Les élus des villes de Conflans Sainte Honorine, Poissy, et Carrières sous Poissy, soutenus par l'association COPRA184, appellent à une manifestation nouvelle, le 8 juin prochain.

Nous publions les communiqués qui contiennent ces informations.

GRANDE MANIFESTATION CONTRE LES TRACÉS URBANISÉS DE L'A104 le 08 juin 2008 entre POISSY et CARRIERES-SOUS-POISSY

VENEZ TOUS !!

Réservez la date du dimanche 08 juin 2008 (à partir de 14 heures) pour participer à la grande manifestation organisée conjointement par le "Comité de liaison contre l'A104" (crée par les maires des 3 villes de Poissy, Carrières sous Poissy et Conflans-Sainte-Honorine) et le COPRA184.
Cette manifestation devra être une réussite.
Aussi, nous comptons sur vous pour mobiliser, autour de vous, vos parents, amis et voisins et plus globalement tous les citoyens sensibles au problèmes que soulèverait la construction d'une nouvelle autoroute de ce type.
Malgré le Grenelle de l'environnement, le projet A104 est plus que jamais d'actualité et notre mobilisation est essentielle.

Merci de votre investissement.
Rendez-vous le 8 juin à 14 heures, sur la Place de la Mairie de Poissy.

http://www.a104.org/

COMMUNIQUÉ

A 104 : déclaration commune des Maires des communes de Carrières-sous-Poissy, de Conflans-Sainte-Honorine, et de Poissy

Les Maires des communes de Carrières-sous-Poissy, de Conflans-Sainte-Honorine, et de Poissy se sont réunis le vendredi 18 avril 2008 et ont réaffirmé leur opposition aux différents tracés de l’A104 qui pourraient traverser leurs communes et représenteraient un danger pour la santé de leurs concitoyens et une réelle menace pour l’environnement.

Ils affirment une position commune et se constituent en comité de liaison pour demander conjointement :

1. L’annulation pure et simple du tracé vert.
2. Le refus de tout tracé en zone urbanisée
D’une part, à l’heure où l’Etat se désengage de plus en plus vis-à-vis des collectivités locales, les maires des trois communes concernées sont surpris de l’obstination de l’Etat à vouloir maintenir un tracé totalement aberrant en termes de coût. Ils rappellent que les 21 km programmés coûtent 2 milliards d’euros alors même que vient d’être annulé sur Bordeaux un projet de 150 km pour un coût de 1 milliard d’euros. Mais surtout, en raison de son coût, ce projet assècherait les finances publiques (Etat, Région, Département) et bloquerait pour des décennies toute possibilité de réaliser les infrastructures de développement durable, notamment de Transports en Commun, réellement nécessaires au développement.

D’autre part, après les orientations prises lors du Grenelle de l’environnement, ce projet apparaît en contradiction totale avec les recommandations en termes de santé et d’environnement.

Par ailleurs, il ne leur semble ni cohérent ni moral que des Maires qui se sont battus contre l’infrastructure tant qu’elle risquait de passer chez eux, en deviennent les plus fervents défenseurs dès que décision est prise de la faire passer chez leurs voisins.

Le comité de liaison s’engage dès aujourd’hui à mobiliser les habitants des trois villes concernées pour une manifestation publique contre l’A104. Il engage par ailleurs de manière systématique, des procédures juridiques communes pour bloquer toute avancée du projet.

Eddie Aït, Maire de Carrières-sous-Poissy, Conseiller Régional d’Ile-de-France, Vice-président de la Communauté de Communes des Deux Rives de Seine, Philippe Esnol, Maire de Conflans-Sainte-Honorine, Conseiller Général, Frédérik Bernard, Maire de Poissy.



Alain Frédéric et Jean-Pierre Dacheux

samedi 17 mai 2008

Le coup de gueule du renard

Lettre de Goupil (et de son copain bien caché, le blaireau)
au Pic Vert d’Éragny.
« Non, je ne suis pas un nuisible ! »



Connaissez-vous le déterrage ? On appelle ça aussi de la vénerie souterraine! La « vénerie sous terre » se pratique toute l’année, y compris en période de gestation des femelles!

Le déterrage a pour principe d’acculer un animal au fond de son terrier à l’aide de chiens. Ensuite un équipage creuse à l’aide de pelles et de pioches la galerie concernée afin de pouvoir attraper l’animal à l’aide de pinces, puis de le mettre à mort ou, plus rarement, le relâcher à distance de son lieu de capture. Cela en pleine période de reproduction ! Les adeptes de ce « sport », viril et sanguinolent, peuvent même participer à un championnat de France !

Les 16, 17 et 18 mai 2008 a été programmé en Bourgogne, à Cluny (Saône et Loire), dans le cadre d’une « Fête de la chasse », un « championnat de France » de déterrage. Il s’agit d’un concours de chiens de chasse, (souvent des Jack Russel terriers ) dont les « cibles » sont des animaux sauvages, en particulier des blaireaux.

Il m’arrive de partager le terrier d’un blaireau. Nous partageons aussi, parfois avec le ragondin, ces moments de stress et de mort que nous réserve le prédateur des prédateurs : l’homme. L’animal prédateur tue, en général pour manger. L’homme, lui, ne tue pas que pour manger. Il tue pour son plaisir. Parfois de façon ignoble, patiente et raffinée. Il apprend sans doute, sur nous, ce qu’il fait à ses congénères, pendant les guerres !


Chasser un renard sous terre prend de 5 minutes à 5 heures. Un blaireau, beaucoup plus ! Mon frère est plus gros, mieux armé contre les chiens et creuse plus profond. La chasse au blaireau est la chasse des puristes paraît-il ! Dans nos garennes, ce n’est pas si facile de nous déloger.

Aux dernières nouvelles, le déterrage se pratiquerait aussi dans le Vexin ! Comment justifier une chasse « concours » pendant la fermeture générale de la chasse, quand les espèces se reproduisent et que la meilleure chose à faire serait de les laisser tranquilles ? Le déterrage ne doit pas être considéré comme une « activité sportive ». Rien ne justifie, en effet, d’intervenir sur une espèce patrimoniale peu prolifique à une période clé de son cycle biologique.

Quant à nous, les renards, on recommence à nous dire porteurs de maladies pour mieux nous livrer aux chasseurs (qui ne supportent pas qu’on croque ne fut-ce qu’une toute petite partie de leur gibier)! En réalité, je mange surtout des mulots, et le blaireau se nourrit essentiellement de vers de terre, insectes, mollusques, micro-mammifères, fruits et tubercules.

À Champs sur Marne, des habitants, inquiets de nos sorties nocturnes, ont demandé à la mairie, que des piégeurs éradiquent toute présence de « nuisibles » dans la commune. À quand notre tour à Éragny sur Oise ?

La Ligue ROC, Ancienne Ligue des opposants à la chasse, présidée par Hubert Reeves, cherche bien à nous défendre . En vain. Si la chasse à courre au renard est interdite en Grande Bretagne, si le blaireau est protégé en Grande-Bretagne, Italie, Irlande, Espagne, Grèce, Belgique, Pays-Bas et au Luxembourg, ce n’est pas le cas en France.

L’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages ) et le RAC (Rassemblement Anti Chasse) tirent la sonnette d’alarme à l’heure où un bilan préoccupant sur la biodiversité française a été dressé à l’occasion du Grenelle de l’Environnement.

Rien n’y fait. Le déterrage est légal. Le blaireau est une espèce gibier et non nuisible en France. Sa chasse est donc autorisée par tir (au fusil) et par vénerie (chasse sous terre). La période d’exercice du déterrage débute le 15 septembre et s’achève le 15 janvier. Néanmoins, le préfet peut autoriser la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai jusqu’au 15 septembre. En conclusion, le blaireau peut faire l’objet de destruction légale presque toute l’année.

Je suis classé « nuisible » partout en France ou à peu près. Le terme nuisible, appliqué à la faune sauvage, à une signification très précise. Il s’agit des espèces qui figurent sur la liste nationale fixée par le décret N° 88-940 du 30 septembre 1988. Tous les scientifiques ont banni le terme « nuisible » de leur vocabulaire. La biologie, l’éthologie (étude du comportement animal), l’écologie l’ont prouvé : chaque espèce a sa place et un rôle au sein de l’éco-système et des équilibres naturels. Et pourtant, on me tire, on me piège, on me déterre.

La France parle d’écologie mais ne change rien à ses pratiques moyennageuses. Moi, Goupil, j’ai peur ! Ce n’est pas ma faute si je suis un carnivore, et je mange d’ailleurs beaucoup moins de viande que les omnivores ! Si je n’ai pas d’amis et de défenseurs parmi les hommes, on me fera disparaître comme l’ours, le loup, ou le lynx. Au secours !

Pour Goupil : Jean-Pierre Dacheux et Alain Frédéric.